Immigration en Australie : les camps de la honte

Immigration en Australie : les camps de la honte

  • 2015

L'Australie aurait trouvé la solution à l'afflux des migrants. Notre enquête édifiante montre que l'on est bien loin du bilan très positif que les australiens revendiquent. Un documentaire qui montre l'horreur du quotidien des demandeurs d'asile.

Résumé :

Ce sont deux îles perdues dans l’océan pacifique. Deux minuscules îles, parmi les plus pauvres du monde. Leurs noms : Manus et Nauru. Rares sont ceux qui connaissent leur existence. Pourtant, ces îlots cachent une situation que le grand pays voisin, l’Australie, voudrait à tout prix garder secrète. C’est en effet là, que, depuis 2001 et surtout 2012, il enferme, dans des conditions absolument déplorables, les migrants qui tentent d’atteindre ses côtes.

“You won’t be settled in Australia” (vous ne vous installerez pas en Australie) : c’est le slogan choc qu’affiche le pays. Désormais, aucun demandeur d’asile, même s'il réussit à prouver son statut de réfugié politique, ne sera accepté sur le territoire australien. Les bateaux clandestins sont escortés vers des îles pauvres de l’Océanie. Ils sont ensuite enfermés dans des camps d'accueil gérés par des sociétés privées le temps que leur dossier de demande d'asile soit examiné. Et s’ils obtiennent le graal au bout de plusieurs années, c’est uniquement sur leur île d’accueil.

C’est la « Solution Pacific » : une immigration délocalisée, gérée par des sociétés privées dans des pays lointains, moyennant finances. Le pays se vante ainsi d’avoir mis en place la politique la plus dure au monde en matière d’immigration. Mais à quel prix ? Car derrière les barbelés des centres de détention, la situation sanitaire est dramatique. Dans cette jungle, les tentatives de suicides et les violences se multiplient. Quant aux réfugiés politiques qui décident en désespoir de cause de s'établir dans les îles, leur existence est sans issue. Ces hommes tentent par tous les moyens d’attirer l’attention du monde sur leur sort. Aujourd’hui, dans une Europe confrontés à l’afflux de migrants, certains pays européens sont tentés par l’exemple australien. Voici le vrai visage de cette soi-disant “solution miracle”.

Comment faire comprendre le quotidien de ces réfugiés sans image : les camps de Nauru et Manus sont totalement fermés aux regards extérieurs. Nous n'avons pas été autorisés à filmer la réalité à l'intérieur des centres de détention, nos journalistes ont donc choisi de l’illustrer. C’est la voix d’un prisonnier, contacté grâce à un téléphone infiltré, qui nous raconte l'odyssée de ces hommes et leur vie de prisonniers. Ces narrations sont portées à l'écran en images d'animation. Un processus inédit qui donne une toute autre teneur au récit.

Ce film a obtenu le Prix du Jury Jeunes du Festival International du Grand Reportage d'Actualité 2016.

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