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La boutique des anti-souvenirs

JO de RIO
Story

À J-100 des JO 2016 de Rio, le Brésil s’évertue à vendre l’image d’un pays paradisiaque et accueillant. Pourtant, derrière la carte postale officielle, il y a l’envers du décor. Celui que les cariocas connaissent bien : la pollution, la violence policière, les injustices…

Rafucko, un artiste de 30 ans, a décidé de dénoncer cette face cachée des JO 2016 avec sa boutique des « anti-souvenirs ».
Sur sa « monstrueuse vitrine », sont exposés toutes sortes d’objets symboliques comme cette carte postale de Vila Autodromo, un quartier entièrement rasé pour la construction du village olympique. Il vend aussi des restes de briques de ce quartier : des pièces rares selon lui puisqu’il n’existera bientôt plus. 2500 personnes ont déjà été chassées et seulement 30 familles résistent encore.


L’artiviste a même élu ses propres mascottes, des peluches en apparence inoffensives et qui pourtant en disent long sur les dessous des JO. Il y a la tracto pelleteuse, figure des destructions massives et le petit blindé : hommage aux vrais blindés de la police militaire, symboles de la « pacification » des favelas.
L’une de ses pièces maîtresses, c’est le fameux puzzle « Costa Barros » : 111 pièces qui représentent les 111 balles tirées par la police brésilienne sur une voiture, tuant ainsi 5 jeunes noirs brésiliens, en Novembre 2015. Un homicide illégal dénoncé depuis par Amnesty International…

Contrairement aux autres boutiques de souvenirs, celle de Rafucko donne à réfléchir en invitant à acheter des souvenirs que le gouvernement brésilien n’aimerait surtout pas que l’on garde.