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Le vrai visage de la destitution

Spicee continue sa série sur la crise politique et économique qui secoue le Brésil depuis plusieurs mois. Le dimanche 17 avril 2016, la chambre des députés s’est prononcée à une écrasante majorité pour la destitution de la présidente du Brésil Dilma Roussef avec 367 voix pour et 167 contre. Acte légal pour les uns, coup d’Etat institutionnel pour les partisans de la présidente, cette procédure est un révélateur du climat politique délétère qui règne au Brésil depuis des décennies. Corruption, clientélisme, intérêts partisans, la politique au Brésil répond plus à des petits arrangements entre amis qu’à l’intérêt général. Dans ce sujet, notre bureau de Rio analyse le vote en faveur de la destitution. Sur 367 députés ayant voté pour, seuls 16 ont évoqué la vraie raison de cette procédure (le supposé maquillage des comptes publics) préférant parler de dieu, de famille et de dictature… Et quand on se penche sur le CV de ces députés, il y a de quoi douter sur leur probité et leurs bonnes intentions.

Selon Transparency Intenational, 36 des 65 députés qui formaient la commission parlementaire qui a autorisé la mise au vote de la motion de destitution le 11 avril ont déjà été condamnés ou sont inculpés pour des faits allant de malversations électorales au blanchiment d’argent. Selon l’ONG, 60 % des parlementaires brésiliens ont (ou ont eu) affaire à la justice pour des affaires de corruption mais aussi de meurtre, d’enlèvement et séquestration ou encore de déforestation illégale.