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D'aussi loin que je me souvienne, j'ai d'abord été fascinée par les mythes grecs.
Ces statures divines, immortelles, qui, par faute grave, par vice, précipitent eux-mêmes leur déchéance, m'ont dirigée vers une obsession : la mythologie Nord-américaine.

D'abord avec Elvis Presley, quand la country des Blancs rencontra le blues des Noirs pour donner naissance au prolifique rock'n'roll, Alan Lomax, qui sillonna l'Amérique dans les années 1960 à la recherche des bluesmen esseulés, pour les enregistrer et les sortir du néant, changeant à jamais l'Histoire de la musique. On retrouve d'ailleurs chez Elvis cette ascension inexorable propre aux dieux grecs, puis la chute, répugnante, grotesque.
Et sur grand écran, le fatalisme incontournable de Scorsese et de ses héros, autres dieux grecs, écrasés par leur propre médiocrité. Raging Bull, Les Affranchis, Casino, puis la relève avec Paul Thomas Anderson et le fabuleux Boogie Nights, toujours cette montée, puis cette descente terrible, si semblable à l'Histoire-même du rêve américain, du mouvement beatnik jusqu'au 9/11.

Alors, quand en janvier 2014, le cannabis récréatif devint légal, qui plus est au Colorado, l'écrin de tous mes fantasmes pré-Reagan, des ruées vers l'or, des westerns et des déserts humains, j'y ai vu une renaissance : le rêve américain prend une autre forme, il est bien vivant, chargé d'espoir et de résilience.
Alors je suis partie un mois, seule, avec une Sony Handycam de touriste, trois notions de cadrage, et une profonde conviction.

Je me suis laissée porter par les joints, mes ressources financières et les rencontres, les gens qui me laissaient occuper leur temps, pendant deux, trois jours, qui laissaient la caméra et une inconnue les capter dans leur solitude.
Au bout d'un mois, j'ai eu le sentiment d'avoir obtenu les réponses à mes questions.
Rentrée en France, je me suis plongée corps et âme dans les déserts de l'écriture, pour communiquer mon enthousiasme à ceux qui ne rêvent pas d'Amérique.
  • Cyrielle Debrun
  • Cyrielle Debrun
    Réalisatrice

    203

    Née à Marseille, grandi à Paris. Je suis devenue concepteur-rédacteur, comme Bill Bernbach, comme Neil French, mais aussi comme Peggy Olson et Octave Parango.

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