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Audrey en Ukraine, c'est "guerre et mode"

Dans ce nouvel épisode de Fashionista, on a moins envie de rigoler que d’habitude… Cette fois-ci, Audrey, notre spécialiste de la mode, est en Ukraine. Depuis février 2014, le pays est déchiré par une guerre civile qui oppose le gouvernement central à une rébellion séparatiste pro-russe dans le sud-Est du pays. Une guerre qui déstabilise toute l’Europe, qui a fait près de 8000 morts… et ruiné l’économie. Malgré cette actualité tragique, la mode est en pleine expansion en Ukraine. Alors Audrey est partie à la rencontre de ces designers qui se battent pour leur pays mais à coup de ciseaux et de machines à coudre…

Lorsque miss Audrey a dit son père qu’elle partait en Ukraine, on ne peut pas dire qu’il ait accueilli la nouvelle avec un enthousiasme débordant. « C’est un pays en guerre ma fille, qu’est-ce que tu vas faire là-bas ? ». Audrey a eu beau le rassurer en lui expliquant qu’elle n’allait pas sur le front, qu’elle n’était pas reporter de guerre, « papounet », comme elle l’appelle, n’était pas vraiment rassuré. Audrey, elle, se demandait dans quel bourbier, elle mettait les pieds… Mais une fois débarquée à Kiev, la pression est retombée. 

Dans la capitale ukrainienne rien ne laisse percevoir que le pays est en guerre. Le soleil brille, les jupes des filles volent au vent, on mange des glaces et l’on se détend dans les parcs de la ville.. Les combats se déroulent à 600 km de là, dans le Sud-Est du pays. Si Kiev est épargné par les bombes, Audrey va vite se rendre compte que la guerre est présente dans toutes les conversations et qu’elle impacte au quotidien le travail des designers.

Cette réalité, Audrey la découvre dès le premier jour. Elle passe la matinée avec Anton Belinsky, le designer qui monte en Ukraine. Ils se rencontrent sur la place Maidan, la place où la crise ukrainienne a commencé. En novembre 2013, des manifestations éclatent contre l’autoritarisme du président pro-russe Viktor Ianoukovytch. La police tire à balles réelles sur les manifestants. On dénombre des dizaines de morts. Ianoukovicth quitte le pouvoir en février 2014. Mais dans l’Est du pays des manifestations anti-Maidan éclatent. C’est le début de la guerre civile qui ravage aujourd’hui le pays. Anton Belinsky était sur les barricades pendant les émeutes. Une révolution qui lui a inspiré un "fashion happening"… Quelques jours après le début de la répression, Anton organise un shooting photo sur la place Maidan entre charge de la police et tirs de l’armée…

Avec la guerre, la patriotisme est devenu à la mode. Le drapeau flotte à chaque coin de rue et le "made in Ukraine" est plébiscité. Du coup, le costume traditionnel : la Vishivanka, robe ou chemise de lin et coton brodée sur les manches, effectue un retour en force… Les designers branchés comme Ksenia Shnaider s’en emparent. Et sur la scène internationale, il est adopté par les "hit girls" et des créateurs comme Valentino.

Le conflit a fait plonger l’économie. Audrey constate au quotidien l’impact de cette crise. La monnaie a été dévaluée trois fois et le salaire moyen a chuté jusqu’à 60 euros par mois. Les premiers touchés sont évidemment les jeunes. Dans ce contexte, pas facile de se fringuer. Du coup les marchés aux puces ou les magasins vintage cartonnent… Audrey va y trouver des perles rares…

Malgré le chaos qui règne dans le pays, certains designers arrivent à montrer des collections qui rencontrent un énorme succès notamment sur le marché international. C’est le cas d’Ana K, la créatrice la plus en vue du moment. Elle exporte dans 25 pays sa collection pop et acidulée. Audrey est très admirative de la jeune Anna qui trace sa route malgré sa guerre.