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Le Banksy du Yémen (version courte)

Les médias étrangers l’ont surnommé le Banksy du Yemen. Comme le célèbre street artiste britannique, Murad Subay, 27 ans, expose ses oeuvres uniquement dans la rue. Ses peintures ornent les murs de Sanaa, la capitale yéménite, pour dénoncer les atrocités de la guerre civile qui oppose les milices chiites houtis et le gouvernement sunnite soutenu par l'Arabie Saoudite. 

En 2011, Murad était l’un des leaders du printemps arabe au Yemen. L’étudiant en anglais est alors le chroniqueur de la descente aux enfers du pays : disparitions d’opposants, enlèvements, ou groupes djihadistes qui veulent imposer leur pouvoir. 

Aujourd'hui, c'est un pacifiste convaincu. Ses fresques murales dénoncent les crimes commis par les milices houtis mais aussi les bombardement aveugles des Saoudiens qui soutiennent le gouvernement du président Abd Rabo Mansour Hadi. En moins de six mois, le conflit a déjà fait entre 5000 et 10000 morts…

Sa dernière campagne s’appelle tout simplement "ruine". Elle s’affiche sur les murs d’un quartier pauvre qui a été l’un des premiers bombardés à Sanaa. Son seul tort, être trop près de l’aéroport. Murad a dessiné sur le mur d’une maison détruite, 21 fleurs qui symbolisent 21 morts, dont 15 enfants… Des vies stoppées net… en pleine nuit. 

L'artiste dénonce aussi la dérive islamiste que connaît ce pays qui a longtemps été un fief d’Al-Qaida dans la péninsule arabique. Ses prises de position lui valent des menaces de mort de la part de groupes islamistes. Malgré cela et contrairement à Banksy, Murad a décidé de pratiquer son œuvre à visage découvert.

Portrait d’un jeune en homme qui croit encore en la paix dans un pays qui ne connaît que la guerre et le sang…