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POLICE US : PAS DE TIR À BLANC POUR LES NOIRS

Alton Sterling, Philando Castille : la police américaine a-t-elle définitivement un problème avec les Noirs ?
2014, 2015, 2016 : les années se suivent et se ressemblent. Et la liste interminable d’hommes noirs abattus par la police s’allonge. Les morts d’Alton Sterling et Philando Castille, les 5 et 6 juillet 2016 ont à nouveau embrasé l’Amérique. Une nouvelle fois la police est accusée d’être ultra violente et surtout de se permettre les pires comportements avec les Noirs. Une nouvelle fois, toute cette violence est filmée et les images sont diffusées dans le monde entier. Et cela tourne au drame : à Dallas, lors d’une manifestation, un tireur isolé tue 5 policiers blancs pour venger ses frères noirs. Le pays est en émoi et semble, une nouvelle fois, redécouvrir les fossés inter-raciaux qui le divisent.

Enquête aux USA où les préjugés racistes sont devenus les balles d’une police entraînée dans le culte de l’ultra-violence. Un film de Julie Lotz et Jean-Charles Guichard.
Deux cent personnes non armées ont été tuées en 2014 par la police et la moitié d’entre-elles appartiennent à la communauté afro-américaine. Soit près de deux Noirs par semaine ! Ferguson, Staten Island, Charleston, Baltimore, l’Oklahoma … dans  ce ball-trap à balles réelles, les Noirs sont devenus des pigeons d’argile. Des pigeons qui portent le nom d’Eric Garner ou encore Akaï Gurley. Leur seul tort : avoir croisé des policiers américains. La mort de trop ? Celle de Michael Brown le 9 août 2014 à Ferguson, dans la banlieue de Saint-Louis : douze balles tirées dont six qui l’atteignent. A Saint-Louis, dans le Missouri, un jeune Noir américain a plus de chance de mourir sous les balles d’un policier que lors d'un accident de voiture. La chasse est ouverte et les policiers disposent "d’un permis de tuer", hurlent les familles de victimes. Les citoyens manifestent, lèvent les mains en l’air et reprennent les slogans des victimes « Don’t shoot » et « I can't breathe ». 

Dès lors, pour notre enquête, nous avons voulu savoir comment les policiers sont formés. Nous avons découvert qu'ils suivi passent un temps considérable à s’exercer au tir, à la pratique de techniques de combat et bien peu à apprendre comment gérer une situation dans le calme et sans violence. La brutalité est encouragée. On découvre les peurs qui les incitent à tirer. De surcroît, en cas de bavures, ils sont rarement jugés et encore plus rarement condamnés. 

Dans les quartiers populaires, les jeunes Noirs américains eux aussi ont peur et suivent des cours pour apprendre à se protéger de la police, à veiller à ne pas avoir une dégaine de lascars, à ne pas répondre agressivement aux injonctions des forces de l’ordre. Juste pour rester en vie et ne pas finir dans les statistiques. A la recherche de petits délits pour faire du chiffre, la police multiplie les contrôles aléatoires, les interpellations sans raison en ciblant de manière disproportionnée les Noirs. Avec à la clé, des bavures. Conscients du problème, certains commissariats achètent à prix d’or des formations pour tenter de combattre les préjugés racistes dont font trop souvent preuve les agents, lors de leurs interventions.