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Turquie : le doigt sur la couture

Après la Birmanie, le Bostwana et l'Ukraine, pour son quatrième fashion trip, Spicee a choisi la Turquie. Un pays en pleine crise politique et identitaire depuis la tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016. Mais cette crise ne date pas de ce putch avorté. Depuis plusieurs années, la Turquie est profondément divisée entre libéraux et conservateurs, religieux et laïcs. Une société schizophrène jusque dans la façon de s’habiller et de faire de la mode. C’est ce qui a attiré Audrey notre fashionista de l’extrême qui parcourt le monde avec une conviction : la mode est le reflet de la société. Et quel meilleur exemple de cette vision que la Turquie ? Là bas, la mode n’est pas qu’une affaire de style. Elle parle de liberté, de politique, de religion et d’interdits…
En partant à la rencontre de celles et ceux qui font la mode turque, Audrey découvre bien vite que la censure est partout. Avant même la tentative de coup d’Etat du 15 juillet, personne ne veut se risquer à parler de politique et de religion tant le président élu Erdogan gouverne comme un autocrate et tant les conservateurs ont gagné du terrain. En à peine une dizaine d’années, le pays s’est transformé. Aujourd’hui, deux mondes cohabitent. Pendant son voyage, notre journaliste fait le grand écart entre celles et ceux qui veulent rendre les femmes conservatrices plus « fashions » et celles qui défendent la liberté des femmes à travers leurs créations parfois très osées.
Une chose est sûre, la vie n’est pas toujours simple pour les femmes dans le pays. Certaines racontent qu’elles ne peuvent plus s’habiller comme elles le veulent, à cause des regards méprisants et du conservatisme ambiant. D’autres déplorent que les nouvelles lois du gouvernement Erdogan les considèrent « responsables » et non victimes en cas de viols. La Turquie s’islamise rapidement…
À travers le prisme de la mode, Audrey dresse le portrait d’une société en perte de repère, dans laquelle la jeunesse est déchirée entre son envie de quitter un pays dans lequel elle suffoque et sa volonté de se battre et continuer à créer pour faire valoir sa liberté de penser.