C’est l’été sur Spicee ! 1€ pour 2 mois d’abonnement ! J'en profite

Vinyl Bazaar : Cumbia Africana

La Colombie, Victor Kiswell n’y est pas venu pour y chercher des clichés. La drogue, les Farcs, la violence, ce n’est pas son sujet. Ce qui intéresse ce chercheur de disques vinyles, c’est la Cumbia. Un genre musical né au 17ème siècle dans ce pays coincé entre le Pacifique et les Caraïbes. La Cumbia, c’est une fusion entre les tambours des esclaves africains, la mélodie des Amérindiens et l’harmonie des Conquistadors. Tombée en désuétude avec le temps, elle est redevenue à la mode depuis les années 2000 et résonne aujourd’hui dans les discothèques branchées du monde entier. La quête de Victor, ce sont les racines africaines de cette musique. Ce deuxième numéro de Vinyl Bazaar vous propose un magnifique voyage dans une Colombie méconnue. 

Après 9 heures d’avion, Victor débarque en boîte de nuit. Malgré la fatigue, son périple ne pouvait pas mieux commencer. Ce soir sur la scène du Latino Power, il y a des percussions afro-latines, un saxophone et des platines. Un sacré mélange qui fait danser la foule, un concentré de l’histoire musicale du pays. Le lendemain, direction le centre de Bogota, la capitale. 

Après 60 ans de guerre civile, le pays vit une véritable movida. Les murs de la ville sont des œuvres d’art où s’expriment la parole des habitants. Victor déambule dans des ruelles multicolores entre graffitis, caricatures et messages politiques. Une balade qui le mène chez Cosmos, une boutique de disques incontournable pour tout chercheur de vinyles. On y trouve de la Salsa et de la Cumbia bien sûr ! Victor en repart les bras chargés de disques, du label Funetes notamment, avant de se plonger dans les bacs d’Intrediscos, un autre disquaire de Bogota. Le lieu appartient à Jacobo avec son look de rocker-voyou à l’ancienne. Sa boutique est une caverne d'Ali baba pour amoureux de la « galette ». Et que dire de son appartement…

A Bogota, la pêche a été bonne. Il est temps de s’envoler pour Baranquilla dans le nord du pays sur la côte caraïbe où la plus part des disques de Cumbia ont été enregistrés et pressés. Pour dénicher les bons plans, Victor s’adjoint les services de Lucas Silva. C’est le fondateur de Palenque records, un label colombien qui exhume de vieux trésors. Il est aussi producteur d'artistes d’Afro-Cumbia et va faire rencontrer à Victor les figures du genre comme Abelardo Carbono, un guitariste qui a introduit des motifs psychédéliques dans la Cumbia. A Baranquilla, Victor fait aussi un tour chez Discolumbia. Une boutique tenue par le propriétaire de Felito Record, LE label de musique Afro-colombienne. Ils ont notamment pressé des disques d’Aberlado Carbono mais aussi Pedro Laza, un compositeur prolifique… Mais Victor cherche avant tout le 3ème album du groupe Son Palenque : le groupe le plus afro de Colombie. 

Le voyage continue à Carthagène, toujours sur la cote caraïbe. Carthagène, c’est le port où sont arrivés les esclaves venus d’Afrique au 16ème siècle… avec leur force musculaire mais aussi avec leurs percussions qui forment la base de la Cumbia. Plaque tournante du trafic d'esclaves à l'époque des Conquistadors, Victor y filme les musiciens du groupe Son Palanque dont il recherchait un des albums chez Discolumbia. Pour Spicee, ils interprètent au milieu de la rue : "Cumbia Africana", l’un des morceaux qui ont donné envie à Victor de faire ce film. 

Le voyage s’achève à San Basilio de Palenque, un village noir peuplé de descendants d'esclaves émancipés. San Basilio, c’est le lieu originaire de l’Afro Cumbia ! On s’y croit en Afrique. Victor y découvre la plus belle voix féminine de la région. Celle d’Emilina qui entonne a cappella devant la caméra une mélopée bouleversante.